29 avril 2005

Noir, Gris ou Noir

Au travers des arbres je les ai vus s’envoler.
Un moment j’ai été trompé.
Un moment fugitif,
J’ai vu en négatif.
Comme en instantané,
Un vol de corbeaux s’égayer.
Ils semblaient sortir d’entre deux menhirs.

A travers la futaille
L’erreur fut de taille.
Les menhirs un portail
Et les corbeaux la marmaille.

J’eus un choc pertinent,
Ils étaient étudiants.
Tous de noir vêtu,
L’air un peu têtu.

Pour la Provence
Ce fut une offense.
Au pays des couleurs
Des oiseaux de malheur.

Mais où sont passées les fleurs ?
N’étaient-elles qu’un leurre ?
Depuis le temps soixante huit,
Auraient-elles pris la fuite ?

Elles avaient entrouvert la porte
Vers plus de chaleur.
Avaient-elles tiédit ?
Le printemps rafraîchit ?

Puis il m’est venu un doute.
Les étudiants tracent-ils encore la route ?
Ils semblent tant la suivre
Sans envie de la vivre.

Dés soixante huit les troublions
Nous avaient légué leurs illusions.
La liberté était dans nos têtes
Et nous faisions le fête.

Entre temps la grisaille
a saisi la marmaille
et le manque d’horizon
A fournit la désillusion.

Il est temps !
Réveillons les enfants,
Donnons-leur du bon temps
Pour qu’ils deviennent grands.
PS 1998

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