Nuit dans le golf
La nuit était limpide. Les étoiles brillaient plus que jamais.
Le vent avait soufflé tout le jour. Venant du Nord, il avait glacé l'air, mais avait nettoyé le ciel.
Les montagnes s'étaient comme rapprochées.
Elles semblaient plus familières que d'habitude et projetaient leurs silhouettes vers l'espace étincelant.
C'est ainsi les nuits de mistral, lorsque l'on est en mer, au large de l’Esterel.
C'est comme si l'on vivait un instant précieux. Un privilège réservé: un moment magique.
Alors que le soleil s’est couché depuis longtemps, alors que sa lueur n'est plus qu'un souvenir au-delà des montagnes, les étoiles étendent leur domaine sur l'ensemble du ciel.
Tel l'écran d'un télescope, le ciel rond devient de plus en plus profond. Les yeux, qui s'habituent à l'obscurité, détaillent de plus en plus finement les éléments environnants.
La houle qui agite le bateau, les lueurs de la côte et les balises qui jalonnent les amers littoraux.
Au creux des caps on devine les ports aux balises bicolores, sur les hauteurs, des villages éclairés auxquels mènent des routes telles des guirlandes blanches.Les voiles vibrent court au près serré. Le bateau écume la mer qui en devient visible : le noir profond des flots reprend vie dans le sillage du bateau. Le moment est essentiel, il imprègne la mémoire de certitude sinon de béatitude.


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