23 janvier 2006

Bourgogne


Bourg, Bourgeoise, Bourgogne.
Le temps change, l’orage grogne

Les nuages s’amassent en noires nues
La pluie à tombereaux dévale les pentes moussues.
L’eau oblique de l’orage
Perce les vêtements de ceux qui enragent.

Mais le ciel ne tombe qu’un temps,
Et le bleu limpide apparaît de nouveau
Entre les nuages délavés par tant d’eau;
Léssivés, blanchis juste à temps.

Les rayons du soleil
Profitant de l’aubaine
Pleuvent sur la plaine.
Ils soulignent des merveilles.

Beaune apparaît
Tache ensoleillée
Et puis Pommard et Meursault
et Chassagne plus haut.
Tour à tour éclairés, enluminés, soulignés.
L’orage est passé et les vignes exaltées.

Les pinots aux tons rouges, jaunes et bruns variés,
Rivalisent avec les verts et les jaunes des rangs de Chardonnay.
Ils s’alignent au soleil
Des Batards aux Pucelles.

Les clos et les ouvrées
Escaladent le Montrachet
Tels un tapis arlequin,
Ils grimpent plein d’entrain.

C’est l’autômne serein
Devenu été indien.
Les grappes « conscripts » offrent au présent
Un avant gout des tanins bienfaisants.

Le moulin se dandine
A Chassagne sur la colline.
Ses ailes dévoilées
Restent fixes, comme collées
Sur l’azur maculé
Que l’orage a laissé.

Depuis les tas de pierres
Qui couvrent ses terres
On a vue sur la vallée
Entre les côtes renommées.

Elle s’ouvre dans la plaine à Chagny
Et remonte toute gaie jusqu’à Cheilly
Laissant de part et d’autre
Remigny côté gauche et Santenay de l’autre.

10/2005

Libellés :

22 janvier 2006

NONNO l'étà



Même à moi-même je me ments
Même à moi-même souvent.
Je m'aime moi-même pourtant.
Quel est ce grand tourment ?

Il est des amis du vent
qui t'éveillent à temps
et qui en ce lieu
t'ouvrent les yeux.

Alors tu vois la lumière
qui se tient derrière,
derrière ce voile obscure
Qui tenait lieu de parure.

Par cette déchirure,
Tu t'engouffres à toute allure.
Comme un coup de Mistral violent,
Aux nuages inflige des blessures.

Il est des oiseaux qui migrent là-haut dans l'azur.
Il est des oiseaux qui passent au-dessus des masures.

Ils passent tous bas prés de moi
Ou passent tout là-haut prés de toi.
Peut-être te voient-ils ces volatiles?
Moi, je ne te vois plus, ainsi soit-il !

J'aimerais faire comme eux :
être heureux,
de te voir un jour,
A contre jour.

Mais je suis terre à terre
tu me manques ici-bas
et les oiseaux de mer
Eux peut-être te voient?

Pour mourir "non ho l'età"
pourtant j'aimerais voler prés de toi
retrouver ton sourire,
De ton rire me nourrir.

Rester prés de toi
sous le grand toit
depuis l'azur
voir les masures

rapporter de là-bas
encore un peu de toi
pour que tu vives là,
auprès de mes petits rois.

Qu'ils te disent tout bas :
"plus fort on t'aimera"

si tu nous vois de là-haut
ne nous en veut pas trop
d'oublier ici bas
combien tu es là !

Ecoutes cette prière
émise de la Terre.

29/01/1997

Libellés :

La virgule

Il ne faut surtout pas utiliser la virgule comme un point,
il s’agit d'une pause, d’une parenthèse courte.
D’un point qui aurait glissé, dérapé.
D’un cil qui se serait posé sur la feuille.
Du début d’un dessin inachevé.
De la mèche sur le front d’un dessin animé.

Libellés :